Un mec taillé dans un bois dur

Posted on janvier 19, 2011

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Le premier contact avait été plus que rugueux. Avant de me dire bonjour, tu avais commencé à me faire des reproches. Injustifiés. Puis à une question technique et pratique tu m’as répondu de ne pas m’inquiéter. Je n’ai pas retenu mes mots plus longtemps. Je ne suis pas inquiète. Je veux juste une réponse technique à ma question. Tu es devenu silencieux. Heureusement j’avais lu quelque part que tu étais mal aimable au premier contact, mais que tu valais la peine d’aller au-delà. J’ai rangé ma colère et mes mots, et relevé le défi. Nous avions huit jours à passer ensemble, voyons ce que l’on pouvait en faire.

Et la communication s’est rétablie toute seule. Totalement silencieuse, faite de gestes, de signes, de regards. Au fil des jours j’ai compris ta confiance et ta volonté d’effacer les premiers mots. Et puis nous avons plaisanté, ri et discuté, sans jamais oser s’aventurer sur le terrain personnel. Tes regards me laissaient perplexe. A la fin je n’étais pas sûre de ce qu’ils contenaient, mais ils n’étaient pas anodins.

Quand les huit jours se sont terminés, tu as juste dit : « Merci de nous avoir accompagnés ». Dans le contexte cette phrase m’a paru décalée, hors de lieu et de temps. J’ai pensé que tu parlais mieux sans les mots. J’ai eu envie d’essayer de mettre mes mots sur tes silences, mais par peur de ne pas trouver les bons, j’ai gardé mes mots et soutenu ton regard.

Nous nous sommes revus quelques mois plus tard, autre lieu, autre contexte. J’étais curieuse de savoir si j’allais accrocher ton regard ou si les mots seuls prendraient la place. J’avais peur qu’ils ne soient anodins. Je voulais que tu saches que je respecte profondément ce que tu es, ce que tu fais, et ce pourquoi tu vis.

Je n’ai pas été déçue. Deux dixièmes de seconde de surprise, ce sont tes yeux qui me l’ont dit, tu ne m’attendais ni là ni maintenant. Et puis un vrai sourire. Il fallait que je dise quelque chose, on ne pouvait pas rester là, dans cette foule, à se regarder sans rien dire. Alors j’ai dit une banalité, une perche à prendre ou à laisser. Et nous avons commencé à parler de notre passion commune, tout sortait, facilement. Les projets. Les expériences. Les questions. L’humour a pris le dessus.

Je ne sais pas combien de temps cela a duré. Tu ne surveillais pas ta montre et je n’avais pas grand-chose d’autre à faire ce jour là. J’avais atteint mon objectif. Il y a de l’amitié et du respect entre nous, une passion commune qui nous permettra peut être de nous croiser à nouveau, et je serais heureuse de retrouver ton regard, tes signes et tes sourires, sans arrière pensée.

Taillé dans un bois dur …. Ce que tu ne pouvais pas savoir, c’est que rien ne me passionne autant que de craquer l’écorce des types comme toi. Voir ce qu’il y a dessous m’a rarement déçue. Et l’amitié n’en est que plus solide.

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