La bête est revenue, non ?

Posted on août 2, 2010

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Sait-on pourquoi, un matin,

Cette bête s’est réveillée


Au milieu de pantins


Qu’elle a tous émerveillés


En proclamant partout, haut et fort :


"Nous mettrons l’étranger dehors"


Puis cette ogresse aguicheuse


Fit des clones imitatifs.


Leurs tirades insidieuses


Convainquirent les naïfs


Qu’en suivant leurs dictats xénophobes,


On chasserait tous les microbes.



Attention mon ami, je l’ai vue.



Méfie-toi : la bête est revenue !


C’est une hydre au discours enjôleur


Qui forge une nouvelle race d’oppresseurs.


Y a nos libertés sous sa botte.


Ami, ne lui ouvre pas ta porte.



D’où cette bête a surgi,



Le ventre est encore fécond.


Bertold Brecht nous l’a dit.


Il connaissait la chanson.


Celle-là même qu’Hitler a tant aimée,


C’est la valse des croix gammées


Car, pour gagner quelques voix


Des nostalgiques de Pétain,


C’est les juifs, encore une fois,


Que ces dangereux aryens


Brandiront comme un épouvantail


Dans tous leurs sinistres éventails.



Attention mon ami, je l’ai vue.



Méfie-toi : la bête est revenue !


C’est une hydre au discours enjôleur


Qui forge une nouvelle race d’oppresseurs.


Y a nos libertés sous sa botte.


Ami, ne lui ouvre pas ta porte.




N’écoutez plus, braves gens,



Ce fléau du genre humain,


L’aboiement écoeurant


De cette bête à chagrin


Instillant par ces chants de sirène


La xénophobie et la haine.


Laissons le soin aux lessives


De laver plus blanc que blanc.


Les couleurs enjolivent


L’univers si différent.


Refusons d’entrer dans cette ronde


Qui promet le meilleur des mondes.



Attention mon ami, je l’ai vue.



Méfie-toi : la bête est revenue !


C’est une hydre au discours enjôleur


Dont les cent mille bouches crachent le malheur.


Y a nos libertés sous sa botte.


Ami, ne lui ouvre pas ta porte.


Car, vois-tu, petit, je l’ai vue,


La bête. La bête est revenue.

Pierre Perret, 1998. Restons vigilants ….

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