ABC de la prévention

Posted on mars 19, 2009

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Dans ce grand lycée de campagne où l’on allait chaque année faire des séances
d’information sur les maladies sexuellement transmissibles, on rencontrait
toutes les classes de première. Ceux là parce que ils ont tout juste l’âge où
il faut bien réviser les techniques de prévention. Par groupe de deux classes
(60 ados …) pour des raisons d’organisation. Un collègue masculin et ma petite
personne, un numéro bien rodé qui nous donnait autant de plaisir que nous
donnions d’info. Avec un défi pour nous à chaque fois : avoir couvert tous les
thèmes qui nous paraissaient importants, sans pour autant avoir monopolisé la
parole, les apprivoiser et les amener à discuter. Des fois, ça marchait
vraiment bien.

En général, parce qu’il faut bien lancer les débats, on commençait par
une question bête. "Comment vous faites pour vous protéger du sida ?"

Et ce jour là, dans le silence qui traduisait autant le mépris pour la
question que les brumes matinales, une voix au fond.

"Moi, c’est l’abstinence."

En deux dixièmes de secondes il faut évaluer si elle est sérieuse ou si
elle nous provoque, s’il faut rire avec elle ou réagir, ils vont dire quoi les
autres, bon c’est une beurrette, attention religion-famille-grands frères, et
mon collègue qui va exploser. Ça lui fait un drôle d’effet des fois ce genre
de remarques ….

Alors vite, comme je vois que la fille à l’air à la fois sérieuse et
prête à expliquer, je lui demande d’en dire un peu plus. Et tranquillement elle
détaille.

Elle n’a pas d’amoureux, alors l’abstinence c’est un moyen idéal pour
se protéger. Mais elle dit qu’elle sait bien que c’est temporaire. Quand elle
aura un amoureux elle attendra 3 mois avant de faire l’amour avec lui. Et
avant, ils iront se faire faire un test de dépistage. Les préservatifs, comme
ça, elle n’en a pas besoin.

Tout d’un coup le silence à un goût de respect. Et les deux heures sont
passées en un clin d’œil. On a tout déroulé. Adapter sa méthode de prévention
aux différentes périodes de sa vie. Aller faire un test au bon moment. Savoir qu’il
n’y a pas une seule bonne façon de faire. Et être capable, du haut de ses 16
ans, d’exposer son choix. C’est un de nos meilleurs souvenirs d’intervention.

Le soir en repartant, 1 heure de route pour revenir, on a repris la
discussion dans la voiture, entre nous. Pour réutiliser les idées dans d’autres
groupes.

Et nous avons joyeusement décliné l’ABC de la prévention.

Abstinence,
Be faithfull (fidélité), Condoms.

Si on enlève la connotation religieuse, il
est assez facile de comprendre que lors les périodes d’abstinence on peut
penser à autre chose qu’au sida. La fidélité ça existe, en vrai, si si. Alors
si les gens concernés sont séronégatifs, pas de craintes.

Et dans tous les
autres cas : préservatifs … Simple comme ABC.

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